« Mais le fruit de l’Esprit, c’est la bénignité… » Galates 5:22
Vous est-il déjà arrivé de réagir de manière excessive face à une situation, puis de ressentir au fond de vous que vous avez attristé le Saint-Esprit ? Ou alors d’être sur le point de le faire et d’avoir l’instruction douce du Saint-Esprit vous demandant de laisser tomber? Moi, oui. Cette situation est souvent un signal fort nous appelant à manifester davantage la bénignité. Pour mieux comprendre ce qu’est ce fruit de l’Esprit, arrêtons-nous sur une expression bien connue : « en faire tout un plat ».
On dit parfois « en faire tout un plat », parfois « en faire tout un fromage ». L’idée est la même car qu’il s’agisse d’un plat cuisiné ou d’un fromage affiné, dans les deux cas, on arrive à un produit dérivé de peu d’ingrédients. L’idée derrière cette expression est donc de prendre quelque chose de simple et le transformer en un produit très élaboré. Dans le langage courant, l’expression signifie faire toute une histoire pour pas grand-chose, exagérer la portée d’un acte, dramatiser une situation qui n’en valait pas forcément la peine.
En effet, chaque situation ne vaut pas toujours la peine d’avoir notre réaction, fût-elle justifiée. En tant que filles et fils de Dieu, l’un des effets visibles de ce que nous sommes conduits par le Saint-Esprit sera justement cette capacité à ne pas faire d’une montagne un simple caillou, à ne pas verser dans des embrouilles pour ce qui peut être vu comme broutilles. Cette capacité porte un nom : la bénignité.
Le mot bénignité vient de bénin, qui désigne ce qui est sans gravité. Dans le langage médical, on parle par exemple de tumeur bénigne lorsqu’une masse présente dans un tissu est non cancéreuse et sans gravité. La bénignité se traduit donc comme cette disposition du cœur qui consiste à ne pas donner des proportions démesurées à ce qui est sans gravité au fond. C’est l’attitude qui pousse à simplifier les choses plutôt qu’à les compliquer. Concrètement parlant, prendre le dessus sur certaines offenses pour préserver la paix et ne pas donner lieu à une dispute, ne pas se justifier à la moindre contrariété, prendre sur soi devant une situation outrageante… peuvent être des signes de la manifestation de ce fruit de l’Esprit.
Par contre, si nous faisons de chaque petite offense une occasion d’exploser, cela démontre que notre chair n’est pas crucifiée et reprend le contrôle. Les querelles, les disputes, les inimitiés, les animosités font en effet partie des œuvres de la chair (Galates 5:19). Il est même possible d’etre un bon chantre, un bon prédicateur de l’Évangile, un bon enseignant de la Parole… mais de se retrouver dans des combats parfois inutiles à cause de la chair.
Deux exemples bibliques parlants:
- 1) Élisée: Il était un grand prophète, porteur de la double onction d’Élie. Sa bouche était puissante, ses miracles nombreux. Pourtant, un jour, il a manqué de faire preuve de bénignité. Alors qu’il montait à Béthel, une bande de jeunes garçons se moqua de sa calvitie. Il aurait pu ignorer et poursuivre sa route, mais il les maudit. À sa parole, des ours sortirent de la forêt et déchirèrent ces garçons (2 Rois 2:23-24). Cet épisode saisissant nous rappelle que même avec l’onction et la puissance, l’absence de bénignité peut conduire à utiliser ce pouvoir pour faire du mal.
- 2) David: Lorsqu’il fuyait son fils Absalom, qui s’était emparé du trône, il traversa une ville où un homme nommé Schimeï, de la famille de Saül, l’insulta violemment. Schimeï ne se contenta pas de maudire David, mais il lui lança aussi des pierres, à lui et à ses hommes (2 Samuel 16:5). Un des vaillants de David proposa de lui couper la tête, mais David répondit : «Laissez-le, qu’il maudisse. » David fit ici preuve de bénignité, même s’il laissa plus tard des recommandations à Salomon concernant Schimeï.
La bénignité n’est pas à considérer comme de la faiblesse, mais comme une force maîtrisée, fruit d’une vie réellement conduite par le Saint-Esprit. Elle en est l’une des preuves les plus silencieuses mais les plus puissantes. Ne pas en faire tout un plat, ce n’est donc pas nier l’offense, l’outrage ou l’injustice, mais c’est refuser de laisser la chair prendre le dessus. C’est comprendre que toutes les batailles ne méritent pas d’être livrées et que certaines victoires consistent simplement à laisser passer.
Que le Seigneur nous aide à manifester la bénignité dans nos vies. Il nous le demande expressément dans sa Parole: « Revêtez-vous donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bénignité, d’humilité, de douceur, de patience » (Colossiens 3:12).